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Le Léman

Entre vous et moi

Traversé par le Rhône, je suis le plus grand lac d’Europe occidentale. Côté Suisse, on m’appelle  Léman, quand côté français, on aime me désigner par la ville qui me borde : lac de Genève. Je m’étends sur 580 km et contiens 89 milliards de m3 d’eau. Le bassin de vie qui m’entoure, partagé entre la Suisse et la France, abrite 1,6 million de personnes. La pression démographique et le changement climatique représentent les deux défis majeurs auquel je suis confronté pour les années à venir.

Installé dans une ancienne vallée glaciaire, je suis situé à 372 m d’altitude. Je mesure 72,3 km de long pour 13,8 km de large, et ma profondeur maximale est de 309 m. Mes eaux permettent de tempérer le climat continental, apportant de la douceur en hiver et de la fraîcheur en été. Ma superficie se partage entre la Suisse, avec 347 km2 et la France (234 m2), alors que mes rives sont pratiquement aux ¾ suisses (142 km en suisse contre 58 km en France).

Fiche technique

  • Longueur : 73 km
  • Bassin hydrographique : 7975 km2
  • Superficie du lac : 580,1 km2
  • Temps de séjour des eaux : 11,3 years
  • Précipitations : 1 000 mm/an
  • Principales villes : Genève, Lausanne, Montreux, Evian-les-Bains, Thonon-les-Bains
  • Principaux affluents : Rhône (75 %), Dranse, Venoge

Un peu d’histoire

C’est le glacier du Rhône qui m’a façonné, lors des phases successives de glaciation. J’ai pris ma forme actuelle lors de la dernière période de glaciation, il y a près de 12 000 ans. Les premières traces de peuplements remontent à la fin du paléolithique supérieur et des vestiges de villages palafittiques (il y a environ 4 000 ans) ont été retrouvés le long de mes rives.

Suisse, Canton du Valais, Saint Gingolph et le Lac Leman depuis Montreux –  © Camille Moirenc

J’ai appartenu tour à tour au Royaume de Bourgogne (888-1032), au Saint Empire, aux Ducs de Savoie, avant que, en 1803, le Pays de Vaud intègre la confédération helvétique. En 1815, Genève et le Valais, jusqu’alors annexés à la France, deviennent à leur tour suisses. Ce ralliement signe la fin des guerres économiques et des tensions entre Suisses et les ducs de Savoie, autour de la question de ma domination.


Mes usages

Tourisme

Créé pour contrôler la pression de l’eau de l’usine hydraulique de la Coulouvrenière, le jet d’eau est devenu à la fin du XIXe siècle, une attraction touristique.(Daniel Culsan)

Le tourisme sur mes berges naît en 1830, avec la construction des premiers quais, près de Genève. Il prospère aujourd’hui encore, et s’est développée avec lui toute une panoplie d’activités : hôtels de luxe, restaurants, conférences internationales, manifestations culturelles et sportives…

J’accueille aussi des activités nautiques comme la baignade, la planche à voile, la plaisance, le canoë-kayak, réparties sur 64 ports de plaisance, dont 12 en France, et plus d’une centaine de plages. Le développement de ces infrastructures engendre toutefois une artificialisation des sols, ainsi que la perturbation de la faune et de la flore.

Navigation commerciale

La compagnie générale de navigation (CGN) organise des croisières touristiques ainsi que des traversées régulières. Ainsi, 4 lignes permettent de relier les villes de part et d’autre de mes eaux. Près de 100 traversées ont lieu chaque jour.

Eau potable : à ma santé !

Avec toutes ces activités, on en oublierait presque l’essentiel : j’offre à boire à près de 900 000 personnes ! Je fournis 90 % de l’eau potable du canton de Genève, les 10 % restant proviennent des nappes phréatiques.

Ma gouvernance

Deux instances internationales veillent sur moi

Au cours du XXe siècle, on mesure que les activités humaines et agricoles ont engendré une eutrophisation, c’est-à-dire, une forte concentration de substances nutritives telles que l’azote et le phosphore dans mes eaux, entraînant une pollution de la nappe phréatique et menaçant la biodiversité. Ce constat donnera naissance en 1963 à la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (Cipel), chargée de veiller sur la qualité de mes eaux. 158 stations d’épuration seront construites.

© Camille Moirenc

La Cipel établit un bilan régulier du degré de pollution et met en place des mesures d’assainissement. Elle peut également adresser aux gouvernements français et suisse des recommandations pour lutter contre la pollution, actuelle et future. Organe transfrontalier, la Cipel est financée par la Confédération suisse (30 %), par le canton de Vaud (23,85 %), par le canton du Valais (9,45 %), par le canton de Genève (11,7 %), et par la France (25 %).

Transfrontalier également, le Conseil du Léman prend en charge les aspects économiques et culturels de ma zone géographique. Créé en 1987, il vise à construire et renforcer l’identité lémanique par des projets économiques, culturels, sociaux…

Des règles érigées ensemble

Les règles de la navigation sur mes eaux ont été élaborées par la France et la Suisse, dans le cadre d’un accord bilatéral, le règlement franco-suisse de la navigation sur le Léman.

Concernant la pêche, l’accord du 20 novembre 1980 vise à concilier les activités organisées sur mes eaux avec la pratique de la pêche. Cet accord définit également les zones de biotopes et les espèces de poissons à protéger.

 

Un milieu qui reste fragile

Malgré une forte urbanisation et une grande pression démographique, j’accueille une large biodiversité : oiseaux sédentaires et migrateurs, et plus d’une trentaine d’espèces de poissons. Certains espaces sont classés zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) ou encore Natura 2000. J’ai également pu conserver quelques zones humides.

Suisse, Canton du Vaud, Montreux, quartier du Chatelard, le Chateau des Cretes, le lac Leman et Saint Gingolph en arriere plan –  © Camille Moirenc

Ces espaces restent fragiles, soumis à la pression qu’exercent les activités humaines et aux impacts du changement climatique : le réchauffement de la température de mes eaux peut être fatal à certaines espèces halieutiques comme le corégone ou l’omble chevalier, tout en favorisant le développement d’espèces invasives.

 

 


Pour mon avenir, plusieurs défis doivent être relevés :

  • Continuer à rendre mes services aux territoires tout en maîtrisant les impacts des usages que l’on fait de moi
  • Poursuivre l’amélioration de la qualité de ma ressource et de mes milieux, par une maîtrise des rejets des eaux usées et eaux pluviales et des déchets et la renaturation de mes rives
  • S’adapter au changement climatique

En savoir plus sur moi

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