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Le Rhône français

Plus puissant fleuve français, avec un débit allant jusqu’à 1 800 m3/s, je suis le fleuve-roi : dès l’Antiquité, j’ai été une voie d’échange et de commerce importante. Je suis devenu aussi une grande artère énergétique au XXe siècle.

Longtemps indomptable, mes crues ont causé de grandes inondations ravageant tout sur mon passage en 1840 et en 1856. Les hommes ont décidé d’engager des travaux destinés, dans un premier temps, à se protéger de ma furie, mais aussi, par la suite, à me rendre navigable. Ma grande aventure industrielle démarre dans les années 1930, avec la création de CNR, la Compagnie Nationale du Rhône.

CNR : un modèle unique au monde

Aménageur du bassin rhodanien depuis 1934, CNR s’est développée autour de ma concession dans le cadre de trois missions confiées par l’État français :

  • produire de l’électricité,
  • développer la navigation fluviale,
  •  irriguer les terres agricoles environnantes.

Elle a construit et exploite 19 ouvrages de production hydroélectriques au fil de l’eau, a aménagé une voie navigable de 330 km entre Lyon et la Méditerranée. Elle gère un domaine fluvial et terrestre de 27 000 ha qui compte plus de 100 sites naturels préservés.

Dotée du statut atypique de société anonyme d’intérêt général, CNR cultive depuis toujours l’équilibre entre rentabilité économique et intérêt collectif, capitaux privés et publics, investissement et redistribution des profits dans une approche intégrée du fleuve. Elle mène notamment des Missions d’intérêt général depuis 2004, conjointement avec l’État et les acteurs du territoire, pour redistribuer la valeur créée depuis le fleuve aux territoires.

  

Mes multiples usages

Une puissante production hydroélectrique

Ma production d’énergie hydroélectrique varie selon les débits journaliers et saisonniers. Elle s’élève toutefois en moyenne annuelle à 14 900 GWh grâce à un ensemble de dix-neuf chutes aménagées au fil de l’eau. La position dominante de mon bassin au niveau de la production électrique est confortée par l’existence de lignes à haute tension qui suivent la vallée et assurent l’interconnexion entre les divers sites de production.

 

Navigation : une alternative durable à la route

Avec la Saône, nous avons constitué de tout temps un axe majeur reliant l’Europe du Nord à la Méditerranée et donc, une formidable voie d’échanges. Au XIXe siècle, c’est le rail qui se développe et me fait connaître une phase de déclin. Il faut attendre les aménagements de CNR qui ouvrent la navigation à grand gabarit sur 330 km, entre Lyon et la Méditerranée, pour relancer la navigation rhodanienne. Aujourd’hui, 18 sites industriels et portuaires maillent la Vallée du Rhône et le Port de Lyon manutentionne 12 millions de tonnes de marchandises par an.

 

 

 

Irrigation et autres usages industriels

J’irrigue, grâce à 40 prises d’eau, 120 000 hectares de cultures agricoles pour une superficie irrigable totale de 190 000 hectares. 50 % des prélèvements en eau, réalisés sur mes affluents et mes eaux superficielles, permettent d’améliorer la productivité des cultures qui peuplent mes terres. Dans le département de la Drôme, 1er département agricole de la Région, 80 % des volumes d’irrigation agricole proviennent de mon cours et de celui de l’Isère.

L’agriculture en vallée du Rhône, diverse par la taille des exploitations et par les cultures, doit désormais faire face à de grands défis : s’adapter pour mieux gérer la ressource en eau, de moins en moins disponible, et être plus performante en termes énergétiques, tout en garantissant une production suffisante et de qualité.

Outre l’agriculture, d’autres secteurs d’activité ont besoin de moi : les centrales nucléaires utilisent mon eau pour refroidir leurs réacteurs ; les industries chimiques, pétrochimiques ou encore les cimenteries.

 

Tourisme et loisirs : je fais peau neuve

Après des décennies passées à me dompter, les hommes ont désormais envie de profiter aussi de mes atouts touristiques. Mes berges ont été réaménagées pour laisser place aux piétons et aux balades à vélo, rollers, etc. Kayakistes, nageurs, jouteurs et plaisanciers profitent aussi de mes eaux pour leurs loisirs. La ViaRhôna, véloroute qui relie le Léman à la Méditerranée, permet de découvrir, à son rythme, les territoires que je traverse. 

De plus en plus de touristes découvrent aussi la beauté de mes paysages à l’occasion de croisières. De nombreux appontements ont été créés pour accueillir ces nouveaux paquebots qui voguent sur mes eaux.

 

Le plan Rhône : projet de développement durable

Compte tenu des enjeux particulièrement importants que je porte à mes multiples usages et à la nécessaire solidarité entre l’amont et l’aval, la volonté politique d’un projet de gestion globale et interrégionale s’est fait jour. Sa création a été accélérée par les crues majeures de 2002 et 2003. Le plan Rhône est né. Si la définition d’une stratégie de prévention des inondations a été l’objectif initial, l’extension à d’autres thématiques s’est rapidement justifiée. Un second plan Rhône a été conclu pour la période 2015-2020.

Trois ambitions pour le Plan Rhône 

  1. Concilier la prévention des inondations et les pressions du développement en zone inondable ;
  2. Respecter et améliorer le cadre de vie des habitants ;
  3. Assurer le développement économique à long terme de ce territoire stratégique.

Il est organisé autour de six volets thématiques : patrimoine et culture, prévention des risques liés aux inondations, qualité des eaux, ressource et biodiversité, énergie, transport fluvial et tourisme.

 

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