Actualités Espace membre FR EN ES Recherche

Le Rhône suisse

© Camille Moirenc

Je prends ma source dans le glacier qui porte mon nom, au col de la Furka, dans le massif du Saint-Gothard à l’extrémité orientale du Valais, à 2 300 m d’altitude. Je traverse ensuite le canton du Valais sur une distance de 164 km, avant de me jeter dans le Léman. À sa sortie, je parcours encore 25 km avant de rejoindre la France.

 

Mon histoire avec les habitants est mouvementée : si les relations sont au beau fixe jusqu’au Moyen-Âge, je deviens ensuite de plus en plus dangereux et surprenant ; des digues sont construites par les habitants pour se prémunir de mes emportements, ma dynamique fluviale est étudiée dès le XVIsiècle. De là, naissent mes grands aménagements.

 

Suisse, Canton du Valais, Obergoms, Gletsch, Le Rhone dans la Vallee (vue aerienne) – © Camille Moirenc

Des « corrections » pour se protéger de mes débordements

Au XVIIIème siècle, l’économie du Valais souffre de mes crues et inondations. Alors les hommes me « corrigent ». Les premiers projets sont constitués de digues, les marais sont asséchés pour que les terres soient cultivées. Au début du XXème siècle, cette politique s’intensifie : on rehausse mes digues tout en resserrant mon lit, afin d’augmenter ma puissance de charriage. Ces stratégies ont pour conséquence de me séparer de ceux qui peuplent mes rives, sans pour autant constituer une protection fiable et satisfaisante contre mes crues. Depuis 2009, avec la troisième de mes corrections, c’est 160 km de cours d’eau qui sont réaménagés, de ma source jusqu’au Léman. Cette fois, les hommes choisissent de me redonner de la place en certains endroits, en élargissant mon lit et en l’abaissant. L’enjeu est triple : la restauration des milieux naturels, la protection contre les inondations, et la réappropriation de mes berges par les riverains. Je reviens dans la vie des hommes, grâce à l’aménagement de lieux de loisirs.

À la force de mes eaux

Mes débits sont tout d’abord utilisés dans le canton de Genève, au XVe siècle pour faire fonctionner des moulins. Au milieu du XIXe siècle, mon énergie va servir à produire de l’électricité : des barrages hydroélectriques sont construits dans le canton de Genève et dans celui du Valais, qui en tire sa principale richesse. Il produit annuellement 10 milliards de kWh d’énergie hydroélectrique, ce qui représente entre 25 et 30 % de la production suisse grâce à des barrages hydroélectriques de haute montagne et 5 centrales construites au fil de l’eau.

Sur le canton de Genève je fais tourner trois ouvrages hydroélectriques, qui sont exploités par les Services industriels de Genève (SIG). Le premier d’entre eux, à la sortie du Léman, est le barrage de Seujet. Sa production annuelle est plutôt faible, avec 25GWh. Il participe surtout à réguler le niveau des eaux du Léman et permet de moduler mon débit. Ainsi, le barrage du Verbois, situé en aval, peut adapter la production d’électricité et en fournir davantage en période de forte demande. Sa production annuelle est de 466 GWh. Enfin, le barrage franco-suisse de Chancy-Pougny produit pour sa part 250 GWh/an.

Barrage de Verbois

 

Me gouverner est un art

Un grand nombre de structures s’occupent de moi, aux niveaux fédéral et cantonal.

En amont du Léman, j’appartiens à l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) et en aval, je suis propriété du Canton de Genève.

  • Au niveau fédéral, deux organismes s’occupent de moi : l’OFEV pour les questions environnementales, et l’office fédéral de l’énergie (OFEN) pour ce qui relève de la production d’électricité.
  • Les 3 cantons du Valais, de Vaud et de Genève participent aussi à ma gestion et travaillent ensemble à ma 3ème « correction ».

Sans oublier deux acteurs industriels : les Services Industriels de Genève (SIG), tout à la fois producteur d’électricité, distributeur de chaleur, de gaz et d’eau, gestionnaire de déchets et de télécommunications. Ils sont en charge de la gestion opérationnelle des ouvrages hydroélectriques du Seujet et de Verbois. La Société des Forces Motrices de Chancy-Pougny s’occupe quant à elle du barrage de Chancy-Pougny.

 

En savoir plus sur moi

 

Mettez à jour votre navigateur pour consulter ce site