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Décryptage : les solutions fondées sur la nature

Le concept de « solutions fondées sur la nature » est assez récent mais déjà bien présent dans les débats internationaux sur l’eau. Le dernier rapport mondial des Nations Unies sur la valorisation de cette ressource était consacré à ces solutions.

La définition générique est donnée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature en France (UICN), soit « les actions visant à protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés pour relever directement les défis de société de manière efficace et adaptative, tout en assurant le bien-être humain et en produisant des bénéfices pour la biodiversité ».

Travailler avec la nature et non contre elle

 

La nature ayant un rôle unique et fondamental dans la régulation des différents éléments du cycle de l’eau, il est essentiel de travailler avec et non contre elle. Il s’agit d’utiliser ou reproduire des processus naturels pour favoriser la disponibilité de la ressource (rétention de l’humidité des sols ; recharge en eaux souterraines..), d’améliorer la qualité de l’eau et des paysages (zones humides naturelles ou artificielles ; zones tampons le long des cours d’eau ; agriculture de conservation…) et de réduire les risques liés aux inondations et au changement climatique (bassin de drainage végétalisé ; restauration de zones d’expansion de crue…). C’est une autre manière de répondre aux défis mondiaux de l’eau pour la consommation humaine, l’agriculture, l’industrie tout en apportant simultanément de nouveaux bénéfices aux hommes et aux écosystèmes. Leur mise en œuvre reste néanmoins fortement dépendante des infrastructures construites par l’homme. L’enjeu est donc de trouver le bon équilibre, rentable et durable, entre infrastructure « grise » et « verte » afin de les développer plus largement.

Des pistes d’action pour l’agriculture

La recherche de cet équilibre est décisive pour l’agriculture, activité la plus consommatrice d’eau, alors que la croissance démographique mondiale se poursuit. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’est penché sur ce sujet de manière pragmatique en analysant 21 études de cas pour montrer la diversité des techniques de solutions fondées sur la nature, selon le lieu, le contexte politique et environnemental, mais aussi l’implication des communautés locales. Cet inventaire permet également de cerner les facteurs de réussite et d’échec dans cette forme de gestion de l’eau.

Leviers d’action et freins

Parmi les facteurs de réussite, on peut notamment citer : la compréhension du fonctionnement des écosystèmes, la participation des parties prenantes, la volonté politique, une approche pluridisciplinaire, un système d’évaluation réaliste, un schéma de financement solide mais aussi l’acceptation d’un temps long pour mener le projet !

Les freins sont aussi nombreux. Le premier d’entre eux est que de nombreux écosystèmes sont déjà dégradés et exploités, au-delà de leur capacité de régénération. Ceci rend très difficile l’introduction de solutions fondées sur la nature pour la gestion de l’eau. Un autre défi consiste en la capacité d’adopter une approche globale. Enfin, il faut pouvoir évaluer les services écosystémiques, c’est-à-dire quantifier leurs valeurs d’utilisation et de non-utilisation en termes monétaires en phase projet ; et, par la suite, assurer un suivi des bénéfices, tant financiers qu’écologiques, des actions mises en place.

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