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Sauver les coraux : un impératif écologique et économique

D’après le dernier rapport du GIEC, 99 % des récifs coralliens pourraient mourir si la Terre se réchauffe de 2°C en 2100. Et avec eux un système écologique très riche. Outre leur valeur esthétique, culturelle et touristique, ces récifs coralliens rendent de nombreux services écosystémiques. Environ 500 millions de personnes dans le monde en dépendent pour se nourrir, disposer de revenus (tourisme) et préserver leurs zones côtières.

 

De précieux services rendus

Les résultats préliminaires d’une étude menée par le laboratoire CRIOBE sur l’impact du réchauffement climatique sur les récifs coralliens en Polynésie française et rendus publics mi-octobre, avancent deux premiers impacts forts de leur disparition :

En ne remplissant plus leur rôle de barrière naturelle, les coraux protégeront moins les côtes des grandes vagues océaniques et de l’érosion. Ils peuvent en effet amortir jusqu’à 97% de l’énergie d’une vague. Les simulations effectuées à Tahiti montrent « qu’à l’horizon 2100, si nous sommes capables de conserver les coraux vivants et leur complexité structurelle, les récifs pourront maintenir leur capacité actuelle à amortir les vagues. Ce même si, dans le cas où les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas atténuées, le niveau de la mer augmente de 0,8 mètre » souligne l’écologue Valério Parravicini, en charge de l’étude.

Leur disparition entraînera également une perte importante de la biomasse comestible. Les analyses ADN qui seront effectuées sur plus de 200 espèces de poissons dans le cadre de ce projet de recherche pourront permettre de mieux identifier celles qui se nourrissent directement et indirectement de corail, et dont le nombre est assurément aujourd’hui sous-estimé.

 

Il n’est pas trop tard pour inverser la tendance

La bonne nouvelle est que la tendance peut être inversée, grâce notamment à la formidable capacité de résilience des récifs coralliens. Attaqués par une étoile de mer qui se nourrit de corail en 2006 puis par le passage d’un ouragan et des épisodes de blanchissement liés au réchauffement climatique, le taux de recouvrement de corail vivant des récifs de Moorea en Polynésie était tombé à 0 % en 2010. Il est aujourd’hui de plus de 40 %. Afin de rétablir et maintenir ces écosystèmes, il importe toutefois de limiter le changement climatique, qui provoque l’acidification et le réchauffement de l’océan, et la pollution.

Selon le CNRS, la proportion de zones de haute mer dépourvues de tout oxygène (surnommées les zones mortes) a plus que quadruplé au cours des cinquante dernières années. Les sites à faible teneur en oxygène situés près des côtes, y compris les estuaires et les mers, ont été multipliés par dix depuis 1950. Lorsque le niveau d’oxygène n’est plus suffisant, la vie marine devient survie… or près de la moitié de l’oxygène planétaire provenant justement des océans…

 

Que faire ?

Ne pas s’en tenir seulement à l’action globale de lutte contre le changement climatique. Des actions locales et rapides peuvent être menées sur le littoral, comme l’indique Serge Planes, chercheur au CNRS et directeur scientifique de l’expédition Tara Pacific qui a exploré 32 sites de récifs : arrêter les rejets d’eaux usées dans le lagon, travailler sur les problèmes de bassins versants et de déforestation qui amènent beaucoup d’alluvions sur le récif et étouffent le corail, freiner les pollutions en interdisant par exemple l’usage de crèmes solaires, gérer le tourisme pour qu’il soit plus réduit et enfin réguler la pêche sur les récifs coralliens.

En mer, la solution vient peut-être d’un drôle de robot qui va être prochainement envoyé sur la Grande Barrière de corail australienne. Appelé LarvalBot, sa mission est de repeupler les récifs abîmés. L’opération consiste à répartir des larves de coraux, qui ont été recueillies à l’état d’œuf puis élevées dans des filets, lors de la période propice de reproduction, au-dessus des récifs. Cette expérimentation pour sauver le corail est menée par deux chercheurs australiens, lauréats d’un prix de la Great Barrier Reef Foundation.

 

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