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Chiffre clé : +1.5° C

Le dernier rapport du GIEC (panel intergouvernemental d’experts sur le changement climatique), publié le 9 août 2021, a eu un retentissement important en pointant pour la première fois le rôle « sans équivoque » des activités humaines sur le réchauffement climatique.

Un réchauffement d’au moins +1.5° C est probable d’ici 2030

 

Un autre constat doit nous interpeller : l’urgence de la situation. Il ne s’agit plus seulement de réfléchir à quelle planète nous laisserons aux générations futures mais à celle dans lequel nous voulons vivre d’ici une décennie.  Dans tous les scénarios envisagés par les experts, la planète se réchauffera d’au moins +1.5° C d’ici à 2030 par rapport à l’ère préindustrielle. Les autres scénarios sont plus pessimistes mais ne sont pas insensés en envisageant une augmentation de la température à la surface de la Terre à +3.3° C, et à +5.7° C. Les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris, s’ils sont respectés, nous conduisent actuellement à un monde à +3° C en 2100. Loin de l’objectif affiché de +1.5° C.

 

Des impacts considérables sur le cycle de l’eau

 

Or, avec un tel réchauffement prévu, les problèmes liés à l’eau vont s’aggraver et être au cœur de l’actualité environnementale dans les années à venir. Les auteurs du rapport dédient d’ailleurs près de 200 pages au cycle de l’eau.

 

Floods in Turkey © AFP / Getty Images

L’accélération du cycle de l’eau correspond à une plus forte évaporation de l’eau vers l’atmosphère en raison des fortes chaleurs provoquées par le dérèglement climatique. Or, le taux d’humidité dans l’atmosphère arrivant à un maximum, l’atmosphère doit « évacuer » cet excédent d’humidité sous la forme de davantage de précipitations. On observe en effet une augmentation de 7 % des précipitations extrêmes journalières par degré d’augmentation de la température du globe. Les précipitations vont donc devenir plus intenses en haute latitude et dans certaines régions équatoriales, et les inondations plus graves en raison de l’érosion des sols.

En somme, nous allons observer une aggravation des deux extrêmes : les régimes climatiques secs deviendront encore plus susceptibles de subir des sécheresses longues et aggravées tandis que les régimes humides subiront davantage de précipitations extrêmes, comme on l’a vu au mois de juillet 2021 en Chine.

 

La vie quotidienne des habitants extrêmement perturbée

 

Au-delà des évènements météorologiques extrêmes, ce sont les moyens de subsistance de nombreuses populations qui sont mis en péril.

La question de la fonte des glaciers est particulièrement problématique en ce sens. La précocité des écoulements ainsi que l’augmentation des débits en hiver perturbent déjà les modes de vie de centaines de milliers de personnes en aval qui dépendent de la stabilité de fonte pour leur eau potable et l’agriculture (qu’elle soit pluviale ou irriguée, la variabilité est un problème de taille).

 

Le danger ici est celui de l’insécurité alimentaire grandissante de toute une population. La sécurité énergétique de ces mêmes populations est aussi mise en danger, avec des débits et donc une production hydroélectrique plus variables. Sans oublier les effets directs de la fonte des glaciers, à savoir les glissements de terrain, avalanches, qui seront inévitablement suivis par une sécheresse et pèsent sur la sécurité physique des populations.

Une autre conséquence directe de la fonte des glaciers est la montée du niveau des mers et océans, qui affecte déjà certaines îles et villes côtières : cette élévation pourrait être de +2 mètres d’ici à 2300. Ce phénomène est déjà très engagé : la hausse observée depuis 1900 et de + 20 cm, et une hausse d’un mètre est envisagée d’ici 2100. Selon les auteurs, cette élévation est irréversible pour des centaines voire des milliers d’années.

A travers le monde, ces changements subis par les systèmes hydriques aggravent déjà les situations de pauvreté extrême, et le fardeau risque de peser plus lourdement sur les femmes, traditionnellement en charge de l’approvisionnement en eau de leurs familles. La réduction de la disponibilité de la ressource en eau et la variabilité de son accès augmentent la vulnérabilité des populations déjà en difficulté.

 

Au-delà des chiffres

 

Au-delà des chiffres, le message central du rapport est bien la réalité temporelle et géographique très concrète du réchauffement climatique décrit.

Le Var asséché – © Sébastien Nogier – EPA

Les discours ne doivent plus porter sur la nécessité d’agir pour les générations futures, mais bien pour préserver dès maintenant nos propres vies et ce, partout sur la planète. Les effets sont déjà observables : en cet été 2021 sur la Terre, sécheresses et feux de forêt ont côtoyé inondations et glissements de terrain.

 

L’urgence d’agir

 

Que peut-il être fait pour agir face à cette réalité profondément violente ? Il existe une relation claire entre émissions de gaz à effet de serre – augmentation de la température à la surface de la Terre – et perturbation du cycle de l’eau. Chaque fraction de degré évitée par une réduction des émissions compte. Les Etats doivent donc être ambitieux dans leurs plans nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, tout en s’assurant que les émissions évitées sur le territoire national soient « exportées » vers des pays qui ont moins de moyens de réduction des émissions. Les émissions « importées » doivent absolument être prises en compte.

Une action coordonnée à l’échelle de la planète et prise de manière urgente peut encore éviter les « tipping points » du climat terrestre : ces points de basculement au-delà desquels les changements pourraient être irréversibles. Le message des scientifiques dans ce rapport est clair : la situation est extrêmement alarmante, mais nous ne sommes pas condamnés. Chaque action compte.

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