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Menaces sur les Grands Lacs

Les espèces invasives mettent à mal depuis plusieurs années déjà la qualité de l’eau et la biodiversité dans les Grands Lacs et menacent l’alimentation en eau potable de certaines villes nord-américaines. Autorités et citoyens se mobilisent avec des leviers financiers pour les premières, juridiques pour les seconds.

La carpe asiatique, une menace pour les Grands Lacs et le fleuve Saint-Laurent

Afin de lutter contre la prolifération d’algues et de parasites dans les étangs d’élevage, les pisciculteurs de l’Arkansas ont introduit la carpe asiatique dans les années 60 et 70 aux États-Unis. Mais à la suite d’inondations, elle a progressivement colonisé le fleuve Mississippi puis de nombreux cours d’eau, et ce sur plus de 1 500 kilomètres. Aujourd’hui, dans la rivière Illinois, à quelques dizaines de kilomètres des Grands Lacs, les carpes représentent à certains endroits plus de 90% de la biomasse animale. Elles ont également atteint le côté canadien des Grands Lacs et le Saint-Laurent : en juin 2016, une première carpe asiatique a été pêchée dans le fleuve et l’espèce a été identifiée à seize endroits le long du fleuve.

Cette espèce qui grandit et se reproduit rapidement, sans avoir de réel prédateur pour l’arrêter, est particulièrement nuisible pour la faune aquatique indigène : en se nourrissant de plancton et de plantes aquatiques, elle endommage les habitats des autres espèces. Appréciant les milieux fluviaux tempérés, elle met également en péril les activités de pêche dans le Saint-Laurent.

En janvier 2018, le Gouvernement fédéral canadien a lancé un nouveau plan doté de 20 millions de dollars pour contrôler leur propagation. Le Corps du génie de l’armée de terre des États-Unis (USACE) a pris des mesures de son côté. Jusqu’où aller ? L’Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent souhaite que les actions de filtrage au niveau du barrage et de l’écluse de Bradon Roads (au sud-ouest de Chicago, à 460 kilomètres en amont du confluent de la rivière Illinois et du fleuve Mississippi) soient pérennisées par l’installation d’une barrière physique entre le fleuve Mississippi et les Grands Lacs.

Pollution dans le lac Erié par des algues

Le lac Erié, 11ème plus grand lac au monde, connaît depuis les années 2000 une dégradation constante de la qualité de son eau. En cause, la prolifération d’algues provoquée par l’écoulement de phosphore dans le lac principalement liée à l’utilisation intensive d’engrais pour l’agriculture.

Les algues bleu-vert, aussi appelées « cyanobactéries », se reproduisent rapidement et forment des « fleurs d’eau ». Leurs toxines contaminent les plans d’eau et sont un risque sanitaire majeur : 3 millions de personnes sont alimentées en eau potable par le lac. En août 2014, 500 000 habitants ont déjà été privés d’eau courante pendant trois jours.

 

Pour protéger leur lac, les habitants de Toledo, dans l’Ohio, se sont prononcés fin février, par le biais d’un référendum local, en faveur d’une Déclaration octroyant des droits au Lac Erié. Cette Déclaration stipule que « le lac et son bassin-versant ont le droit d’exister, de prospérer et de se développer naturellement ». Ce vote est une victoire pour l’association environnementaliste Toledeans for Safe Water. Si agriculteurs et industriels ont rapidement réagi et intenté un procès contre la Charte des Droits du Lac Érié au motif qu’elle serait “inconstitutionnelle et illégale”, il s’agit toutefois d’une nouvelle étape dans la reconnaissance de droits pour la nature, face aux dégradations qu’elle subit. Des décisions similaires ont déjà été prises en Nouvelle-Zélande, en Inde ou encore en Colombie pour reconnaître les cours d’eau comme personnes morales.

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