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Chiffre-clé : - 8,6 % d’émissions mondiales de CO2

Autoroutes et routes désertes pendant le confinement

Le 19 mai dernier, Nature Climate Change a publié une étude sur le bilan écologique du confinement. Du 1er janvier au 30 avril 2020, les émissions mondiales de CO2 ont diminué de 8,6%, soit une baisse de près d’un milliard de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Avec la reprise progressive des activités économiques dans le monde entier, ne s’agira-t-il que d’une baisse temporaire ? Les climatologues appellent à faire de la transition écologique le principal moteur des plans de relance.

Une baisse de pollution majeure mais non durable

Selon l’étude parue le 19 mai dernier dans le journal de recherche scientifique Nature Climate Change, les émissions mondiales de CO2 ont baissé en 4 mois de 8,6 %. Au début du mois d’avril, les émissions mondiales quotidiennes de CO2 ont diminué jusqu’à 17 % par rapport aux niveaux moyens de 2019. Selon les pays, la tendance a été plus ou moins forte, de -23,9 % en Chine jusqu’à -34 % en France. Sur l’année, la baisse devrait être de l’ordre de 5 à 6 %.

Selon l’institut de recherche américain Global Footprint Network, qui calcule chaque année le « jour de dépassement de la Terre » (jour théorique à partir duquel l’humanité a consommé toutes les ressources que les écosystèmes peuvent produire en une année), 2020 verra cette date fatidique reportée de trois semaines, au 22 août, en raison des mesures mondiales de confinement.

Cette baisse, inédite depuis la Seconde Guerre Mondiale, ne sera malheureusement pas durable. En effet, cette chute spectaculaire est principalement due à la crise sanitaire de la Covid-19 qui a entraîné une forte diminution du trafic routier et aérien, de la production d’énergies fossiles et des activités industrielles. Or, les économies du monde entier reprennent progressivement leurs activités. Il est fort probable que l’on revienne rapidement au niveau d’avant la crise, d’autant plus que le problème est de fond : au niveau mondial, les activités humaines continuent d’émettre plus de 90 % des émissions normales de CO2.

Cela montre que des changements importants et rapides sont possibles. Mais cette réduction de notre empreinte écologique est imposée et non voulue, et comme elle ne s’accompagne pas d’un changement systémique dans nos modes de production et de consommation, elle ne va pas durer, selon Mathis Wackernagel, le président du Global Footprint Network.

Une prise de conscience des changements à effectuer

Pour Corinne Le Quéré, climatologue et auteure principale de l’étude, l’intérêt principal de ces indicateurs est de donner une idée de l’ampleur et de l’échelle des mesures qu’il faudrait prendre pour limiter les GES et motiver des changements structurels pour repenser globalement la lutte contre le réchauffement climatique.
Selon Jean Jouzel, climatologue lui aussi, glaciologue et ancien Vice-Président du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC), l’objectif de limitation du réchauffement climatique à 1,5 ou 2 degrés ne pourra être atteint que si ce scénario de baisse se répète chaque année jusqu’en 2030. En effet, c’est l’accumulation au fil des décennies du dioxyde de carbone dans l’atmosphère qui est le moteur du réchauffement climatique, et cette quantité de CO2 ne sera modifiée que de façon infime par la réduction des émissions de cette année.

Or l’urgence de la relance des économies actuellement fragilisées par la Covid-19 risque de primer sur les considérations environnementales et climatiques.
D’après les prévisions climatiques décennales de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), les températures moyennes mondiales devraient battre un record entre 2020 et 2024, avec un impact direct sur le réchauffement des océans, en particulier l’océan Austral et Atlantique Nord. Il est donc primordial que les plans de relance placent la question climatique au cœur de leur priorité :

Seule la manière dont les dirigeants prendront en compte la lutte contre le changement climatique dans leurs réponses économiques à cette crise sanitaire influencera les trajectoires mondiales des émissions de CO2 pour les décennies à venir, selon Corinne Le Quéré. 

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