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Pendant la pandémie du Covid-19, la déforestation continue

Durant l’été 2019, tous les regards étaient braqués sur l’Amazonie et les feux de forêts dévastateurs qui la ravageaient. La viralité des images et le choc qu’elles ont provoqué ont mis en lumière, la réalité et les conséquences de la déforestation. Cette prise de conscience a été suivie de vives critiques contre le président Bolsonaro et la politique peu active de son gouvernement en matière environnementale. L’été 2020 a été tout autre. La pandémie du Covid-19 a même eu l’effet inverse, servant « d’écran de fumée » pour dissimuler une recrudescence de la déforestation.

Une solution de survie dans une économie paralysée

 

Les chiffres sont sans appel : en Asie, en Amérique Latine et en Afrique, 2020 est caractérisée par une augmentation significative de la déforestation. Au Brésil, l’INPE – l’institut national de recherche spatiale – a partagé les chiffres  de la déforestation au premier semestre 2020. Celle-ci n’a jamais été aussi importante, depuis la création des études statistiques dans cette région en 1974. Le cas indonésien illustre aussi cette tendance. Grand producteur de palmier à huile, l’Indonésie a vu ses espaces de forêt défrichés augmenter de 50 % sur les 20 premières semaines de 2020 par rapport à la même période l’année dernière.Les chiffres collectés par le Global Land Analysis and Discovery (GLAD), grâce aux données satellitaires, confirment la progression exceptionnelle du déboisement des forêts.

La première explication se trouve dans le repli de certains ménages vers les revenus issus de la déforestation. En effet, la pandémie a ralenti les économies des États du monde entier sans pour autant offrir des solutions aux populations privées de revenus. Par conséquent, certains ont recouru au défrichage illégal pour survivre, que ce soit en utilisant les terres défrichées ou en vendant le bois coupé.

Un comportement de survie, certes, mais dangereux à long-terme quand on sait que le défrichage est responsable de considérables feux de forêts, destructeurs pour l’homme et l’environnement. Au-delà des fumées toxiques et des émissions de CO2, les scientifiques ont également lié la déforestation à l’apparition de maladies infectieuses.

 

Une opportunité dévastatrice

 

Loin d’être l’occasion de repenser les liens entre forêt, environnement et survie de l’espèce humaine, la pandémie aurait servi « d’écran de fumée » pour d’autres. L’attention étant portée sur le coronavirus, de petits acteurs, mais aussi des gouvernements, ont profité de la situation pour laisser le champ libre à la déforestation.


Le cas du Brésil est emblématique.

Depuis son élection le président Bolsonaro a freiné les mesures pour la protection de l’environnement par exemple à travers les coupes budgétaires des administrations dédiées à l’environnement (Agences d’inspection, prévention anti-incendie…). Parallèlement aux actions officielles, le discours et le positionnement du gouvernement ont rendu implicitement plus facile le défrichage illégal. Le procureur fédéral a notamment demandé une enquête suite aux propos du ministre de l’Environnement, M. Ricardo Salles, présentant le Covid comme une opportunité pour réduire les restrictions.


Si aucune action pénale n’a encore été engagée, les chiffres présentés par l’Agência Pùblica vont dans ce sens. Entre janvier et juillet, le nombre d’amendes pour crime contre l’environnement en forêt a baissé de 40 % par rapport à la même période l’année dernière, atteignant le seuil le plus bas depuis 10 ans.

La question est désormais de savoir si la sortie de la pandémie va provoquer une augmentation encore plus intense de la déforestation. Soit les entreprises voudront produire plus pour compenser les pertes, soit la crise économique réduira la demande.

 

Les forêts victimes d’incendies ailleurs dans le monde

 

En Sibérie, l’été 2020 a été caractérisé par des records de température avec une hausse de 5 à 10°C en juin par rapport à la moyenne, rapporte le Copernicus Climate Change Service , un programme mis en place par la Commission Européenne. L’apparition de températures inhabituelles a débuté dès décembre 2019 et s’est prolongé tout le printemps 2020. Ces événements météorologiques, signes bien visibles du réchauffement climatique, provoquent un assèchement des sols et de la végétation, propice  aux incendies. Ainsi, selon Greenpeace 21 millions d’hectares auraient brûlé depuis le début de l’année.

 

En Californie, les feux ravagent plusieurs centaines de milliers d’hectares depuis quelques semaines. L’augmentation des températures, les sécheresses de plus en plus longues et les violents orages sont à l’origine de ces départs de feux. Des renforts sont arrivés au début du mois de septembre, alors que de nombreuses personnes sont encore évacuées.

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